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Pointe Argentenay - Saint-François, Isle d'Orléans - 17 août 2006

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Soumis par DanC
Date: 24/08/06
Pointe Argentenay - Saint-François, Isle d'Orléans - 17 août 2006
24 Août 2006
Bonjour,

Ma blonde et moi sommes allés faire une visite à l'Isle d'Orléans le 17 août dernier. Pour Nikou, c'était une première expérience avec une marée importante. Pour moi c'était un retour au sources car j'y ai habité pendant 8 ans. Il y a au moins 10 ans que je n'avais pas pagayé ce coin.

Notre plan de route est simple : Aller au bout de l'isle et revenir avant que le courant de marée descendante soit insurmontable. La marée haute est prévue à 12h45. Aujourd'hui, c'est une marée descendante de 3,2 mètres (10,5 pi). Nous avions fixé notre départ à 11h mais c'est à cette heure que nous sommes arrivés sur le site.

Il est presque midi. Le temps est beau et le vent quasi absent. Le fleuve est calme et la marée sera haute dans 45 minutes. Je prévois moins d'une heure pour faire la distance de 3,4 km qui nous sépare de la grève sur la pointe EST de l'isle : la Pointe Argentenay. La grève près du quai de Saint-François est le meilleur site de mise à l'eau sur toute l'isle car il est accessible peu importe la marée. La grève est également protégée du courant par le quai de pierres qui fait également office de brise-vent. En face de la grève c'est l'Île au Ruau. Vers la droite (ouest) c'est l'Île Madame. La température de l'eau est bonne. Le wet-suit n'est pas requis mais la jupette sera sans aucun doute utile.

Le fleuve est calme et le vent assez faible. Une petite houle nous berce. Nous nous dirigeons vers le Cap Tourmente qu'on voit en avant-plan au bout de l'isle. Le cap juste derrière est le Cap Brûlé. Sur l'horizon derrière le Cap Brûlé, on distingue les montagnes de Charlevoix : Les Éboulements juste derrière l'Isle aux Coudres qu'on ne distingue pas la photo mais qu'on pouvait voir aux jumelles. Le plus loin qu'on peut voir est le Cap aux Oies et la Pointe au Père. C'est quand même à plus de 70 km de nous et à presque la moitié du chemin de Tadoussac. La marée sera haute dans 30 minutes, on avance lentement et on profite du moment.

Nous voilà enfin à la Pointe Argentenay. Je peux voir le clocher de St-Joachim juste derrière la pointe. La marée est haute depuis 10 minutes. Dans moins d'une demi-heure elle aura commencé à descendre lentement. Dans deux heures, il n'y aura déjà plus d'eau là où je suis. Nous allons accoster sur la grève tandis qu'il y a encore de l'eau.

Cette marée est la plus basse des deux marées hautes de la journée. Nous aurions eu un mètre de plus d'eau avec la plus haute marée mais celle-ci tombait en pleine nuit. Nous avons dû manoeuvrer à travers les hauts fonds rocheux pour accoster. Ça valait la peine car le paysage est tellement beau.

Nous avons juste le temps de prendre un Coca-Cola glacé partagé à deux. La marée descend plus vite que je croyais. J'indique à Nikou que nous allons avoir un courant plus fort que prévu dans la dernière moitié de notre retour. Notre départ n'est pas facile car le niveau d'eau est bas. Nikou part la première et elle reste souvent acrochée au fond et elle doit se soulever de ses mains pour avancer. Je pars 5 minutes après elle et je dois marcher sur presque une centaine de mètres en tirant le kayak sur l'eau avant de pouvoir enfin m'assoir. Nous devons nous éloigner de la côte et j'avais oublié une chose importante pour notre retour... Le vent!

Quand la marée descend à cet endroit, une belle houle se forme. Le courant s'amplifie graduellement... La croissance du courant est plus lente dans la première heure et demie. Puis il s'intensifie pour devenir assez fort au point où il n'est plus possible d'avancer. Mais il y a un autre phénomène atmosphérique qui arrive vers les 13h-14h et qui n'est pas relié à la marée. Quand l'air se réchauffe de plusieurs degrés au dessus de la température de l'eau, le vent se lève. Il peut atteindre quelques dizaines de km/h en moins d'une heure. Ce phénomène, je le connaissais mais je l'avais complètement oublié jusqu'à ce qu'il se pointe. J'ai expliqué à Nikou que nous devions augmenter notre cadence car le courant allait devenir plus fort plus rapidement et que le vent n'allait pas nous faciliter la tâche. Les deux prochaines heures allaient donc être une succession de sprints et de mini-rodéo sur la houle. Beaucoup de plaisir en perspective!

Nous sommes au début de l'Anse Verte en direction de la grève qui est encore à 2 km. Le vent de face nous pousse vers la côte qui commence à devenir rocheuse avec la marée descendante. Nous devons trouver un juste compromis entre une faible distance de la côte et le courant qui est plus fort en s'éloignant du rivage. À un moment, j'ai réalisé que des gens marchaient lentement sur le rivage et qu'ils avançaient plus vite que nous. Nous avons dû faire un sprint pour contourner des rochers à fleur d'eau juste passé l'Anse Verte. À partir de cet endroit, le quai - encore à un kilomètre - nous donnait une protection contre le courant du fleuve. À partir de ce moment, les marcheurs n'étaient plus une menace pour notre orgueil! Blague à part, ces rochers à fleur d'eau étaient devenu la destination ultime à atteindre. Après, je savais que ça allait être une partie de plaisir. À date on s'était tout de même bien amusés et quelle joie de constater que le fort vent avait repoussé nos rides derrière la tête!

À moins de 500m de notre destination finale, nous nous sommes avancés vers le centre du fleuve afin de profiter de la houle du TONG HUAN. Un peu d'adrénaline additionelle avant de quitter nous a donné un regain d'énergie. Il est passé 15h et Nikou parle même de faire une pause sur le grève et d'aller pagayer ensuite en amont du quai. Je lui rappelle que le courant allait bientôt dépasser les 10 km/h à cet endroit... Elle suggère alors le vélo! Aaaah l'adrénaline!

Clap! Clap! Clap! Même pas fatiguée la fille! Sa première expérience dans une marée digne de ce nom avec un vent et un courant pas toujours commode lui a simplement donné le goût de recommencer. Moi aussi d'ailleurs. Nous avons abandonné l'idée du vélo et nous sommes allés nous relaxer dans un chalet à St-Laurent sur le bord du fleuve. De toute façon, un festin nous attendait au Moulin St-Laurent (une excellente table que je vous recommande).

En conclusion, la pointe Argentenay de l'Isle d'Orléans est une excellente destination pour se familiariser avec les conditions maritimes avec marées. Le meilleur moment pour s'y rendre est au moins 2 heures avant la marée haute. Prévoyez une heure pour y aller et deux heures pour revenir. Cela vous donne une heure pour relaxer et pagayer aux environs de la pointe. Quand la marée commence à descendre, vous avez environ 1h00 - 1h30 pour vous rendre à l'extrémité OUEST de l'Anse Verte (celle la plus rapprochée du quai). À partir de ce point, le quai de St-François fait obstacle (partiellement) au courant de la marée descendante. Le courant est plus fort après la plus grande marée haute (2 marées hautes et 2 marées basses par jour). Autour de l'île, le vent se lève tôt en après-midi quand l'air devient plus chaud que l'eau. La table des marées de St-François est disponible sur internet. Surveillez toujours la météo avant de partir car quand le temps se gâte, il se gâte encore plus fort sur l'eau. En situation d'urgence, dirigez-vous vers l'île et accostez. Vous pouvez marcher sur la grève jusqu'au quai de St-François et allez récupérer votre auto pour ensuite revenir lentement avec l'auto sur une bonne partie de la côte.

Nous avons déjà hâte d'y retourner...

DanC et Nikou
Kayaks pliables Folbot Cooper (skin-on-frame)

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